Résumé
La vérité est la conformité entre un jugement et la réalité, ce que les philosophes appellent la théorie de la vérité-correspondance (Aristote : « Dire de ce qui est qu'il est, c'est dire vrai »). L'opinion (doxa) est une croyance subjective, non vérifiée, que Platon oppose à la connaissance (episteme) dans l'allégorie de la caverne : les prisonniers prennent les ombres pour la réalité. Descartes inaugure le doute méthodique dans les Méditations (1641) : il rejette tout ce dont on peut douter pour atteindre une certitude indubitable (le Cogito). Mais d'autres conceptions existent : le pragmatisme (James, Peirce) définit le vrai comme ce qui fonctionne et produit des effets utiles ; le cohérentisme (Hegel) juge qu'une proposition est vraie si elle s'accorde avec un système de propositions. Kant distingue vérités analytiques (« un célibataire est non marié ») et synthétiques (« l'eau bout à 100°C »). La science, selon Popper, produit des vérités provisoires et réfutables : une théorie non falsifiable (comme l'astrologie) n'est pas scientifique. Kuhn montre que les révolutions scientifiques (passage de Newton à Einstein, par exemple) changent radicalement les paradigmes. La vérité absolue reste un idéal régulateur.