Résumé
La IIIe République (1870-1940) est le régime républicain le plus long de l'histoire de France. Née dans la défaite face à la Prusse (guerre de 1870-1871), elle doit d'abord surmonter la Commune de Paris (mars-mai 1871) et la menace monarchiste. Les lois constitutionnelles de 1875 fondent un régime parlementaire bicaméral (Chambre des députés + Sénat). Les républicains s'imposent progressivement face aux monarchistes et aux bonapartistes. Jules Ferry, président du Conseil (1880-1885), mène les grandes réformes : lois scolaires de 1881-1882 (école primaire gratuite, laïque, obligatoire de 6 à 13 ans) pour former des citoyens républicains et unifier la nation. Il lance aussi la colonisation (Tunisie 1881, Indochine, Congo). La liberté de la presse est accordée en 1881 (loi sur la liberté de la presse), les syndicats légalisés en 1884 (loi Waldeck-Rousseau), les associations autorisées en 1901 (loi 1901). L'affaire Dreyfus (1894-1906) est la grande crise politique de la IIIe République : Alfred Dreyfus, capitaine juif, est accusé à tort de trahison et condamné au bagne de l'île du Diable. Zola publie « J'accuse » dans L'Aurore (13 janvier 1898) et divise la France entre dreyfusards (Clemenceau, Jaurès, Zola) et antidreyfusards (Barrès, l'armée, l'Église). Dreyfus est réhabilité en 1906. Cette affaire accélère la loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905, qui fonde la laïcité à la française : l'État ne reconnaît ni ne finance aucun culte.